dimanche 10 mai 2009

berrouaghia


Berrouaghia avant les Français
Sur Berrouaghia avant les Romains je ne sais rien. Et je n'en dirai pas davantage.
Sur Berrouaghia sous les Romains je ne sais pas grand-chose, mais je dirai tout.

Il est certain qu'une voie romaine fut tracée entre Caesarea, capitale de la Maurétanie césarienne et la villa d'Auzia dès le premier siècle après Jésus-Christ. Cette voie qui était l'axe majeur de déplacement des légions entre l'est et l'ouest, passait par Auzia (Aumale), Rapidum (Masqueray) et le futur Berrouaghia.

Il est vraisemblable qu'une petite cité romaine ait été établie en ce lieu puisqu'on a trouvé dans le village français quelques grosses pierres bien taillées et gravées. Cette cité était modeste car on n'aperçoit à Berrouaghia aucune ruine grandiose : ni thermes, ni théâtre, ni temple, ni forum… Il est seulement probable que le nom de cette cité ait été Tirinadi.

Il est tout à fait certain que les Romains ont installé au IIè siècle, sans doute sous Hadrien (117-133), un camp militaire auquel fut associée une colonie de vétérans. Ce camp était situé un peu à l'est du Berrouaghia actuel : son nom était Thanaramusa castra. Tirinadi et Thanaramusa sont donc deux centres proches, mais distincts.

Sur les vicissitudes de ces deux centres à partir des troubles du IVè siècle, je ne sais rien. Il est probable que le site fut pillé et abandonné à cause de l'insécurité due aux révoltes des Donatistes ou des circoncellions. Les Vandales sont sûrement passés par là en suivant la voie romaine qui les conduisit en 10 ans (429-439) de Gibraltar à Carthage. Je doute que les Byzantins y soient venus.

A l'époque des invasions hilaliennes ils avaient disparu. Les annales permettent d'affirmer que la région a été intégrée aux royaumes ziride jusqu'en 1014, puis hammadide jusqu'à sa conquête par les Almoravides vers 1080. Mais aucun nom correspondant à Berrouaghia n'y figure. Ensuite la région vit passer tous les conquérants venus de l'est ou, surtout, de l'ouest.

Berrouaghia refait surface après la conquête ottomane. En 1548 le site est intégré au nouveau beylik du Titteri. Le bey réside à Médéa à une trentaine de kilomètres à peine de Berrouaghia où vivent des tribus classées par les Turcs dans le Makhzen supérieur et chargées de surveiller les tribus raïas soumises à tous les impôts. Ces tribus sont dévouées à proportion des privilèges obtenus et de la crainte des troupes régulières. Les Turcs ont aussi créé une smala de soldats indigènes " professionnels " payés par l'octroi de terres à l'endroit où la France créa un pénitencier agricole. Le bey y avait aussi un vaste domaine avec terres azel (cultures) et azib (pâtures) pour les bivouacs des troupes en campagne, placé sous la responsabilité d'un ou plusieurs caïds.

vendredi 8 mai 2009

lodi (ou Draa Esmar)


lodi (ou Draa Esmar) et
Damiette (ou Aïn Dhab)

Durant les deux premières années de sa courte existence la Seconde République a créé 54 villages de colonisation dans les trois provinces, dans des circonstances il est vrai exceptionnelles. Lodi et Damiette appartiennent au premier ensemble de 42 villages dits " colonies agricoles de 1848 ".

Ces créations de villages décidées dans l'urgence pour de mauvaises raisons avec des colons mal choisis ont été largement improvisées. Les premiers colons y ont connu des débuts très difficiles.

Lodi et Damiette ont été inaugurés le même jour, 2 décembre 1848, par des colons acheminés depuis Paris-Bercy par le même 8è convoi (sur 17 au total) parti le 5 novembre, arrivé à Marseille le 21 et à Alger le 29. Ces colons ont dû remonter la route toute neuve des gorges de La Chiffa et traverser Médéa avant de se séparer, les uns vers l'ouest pour Lodi (4 km) les autres vers l'est pour Damiette (3 km).

Avant d'envisager d'exposer les particularités de ces deux villages quasi jumeaux il n'est sans doute pas inutile d'expliquer ce que furent ces colonies de 1848, pourquoi elles ont été décidées à Paris et comment elles ont été réalisées en Algérie.

Généralités sur les colonies agricoles de 1848

Une origine accidentelle. Durant l'hiver 1848 il y eut beaucoup de misère et de chômeurs, non indemnisés en ce temps-là, à Paris. Le Gouvernement Provisoire né de la révolution de février 1848 crut trouver une solution en finançant l'ouverture de chantiers publics. Comme ils étaient financés par le budget de l'Etat, on les appela " Ateliers Nationaux ".

·

26 février. Décret de création des Ateliers Nationaux (à Paris seulement). Le ministre des Travaux Publics, Trélat, est chargé de la mise en application. Il ouvrit aussitôt des registres d'inscription des volontaires dans les mairies des 12 arrondissements du Paris d'alors.

·

17 mai. Arrêt des inscriptions. Il y en avait trop ; et les impôts directs, augmentés de 45%, rentraient fort mal. Toutes les régions payaient ces impôts ; seuls les Parisiens pouvaient en profiter. De surcroît on ne savait pas à quoi d'utile employer tous ces ouvriers.

·

23 juin. Annonce de la suppression des Ateliers Nationaux et du salaire de 2fr par jour. La fermeture effective eut lieu le 3 juillet après la répression des émeutes de juin.

·

23-26 juin. Emeutes à Paris, réprimées par le Ministre de la guerre Cavaignac. A l'Assemblée Législative un projet de deux députés, Leroux de Paris et Barrot d'Alger, refait surface. Ils avaient trouvé une solution susceptible de résoudre la question sociale à Paris et de relancer la colonisation en Algérie : éloigner de Paris quelques milliers d'ouvriers en leur proposant des terres en Algérie.

·

19 septembre. Arrêté de création de 42villages en Algérie.

·

23 septembre. Ouverture des registres d'inscription des volontaires. Il y eut 12 000 places, puis finalement 13 903. Le nouveau Ministre de la guerre, Lamoricière, décida de confier l'organisation des transports et l'installation des villages, à l'armée.

rapidum(ou sour djouab)

A proximité se trouvaient les ruines romaines de Rapidum (ou Sour Djouab)

Seuls les archéologues patentés peuvent imaginer, en regardant ce champ de pierres dressées, l'allure qu'avait cette toute petite ville de vétérans de la province de Maurétanie Césarienne. La colonie de vétérans avait succédé à un Castra Rapida qui avait été créé en 122 sous Hadrien pour une cohorte de 600 soldats, peut-être venus de Sardaigne à l'origine, et abandonné moins d'un siècle plus tard, la sécurité de cette voie reliant Tirinadi (Berrouaghia) à Auzia (Aumale) paraissant assurée.

Le site fut fouillé en 1912 et surtout en 1927 par Albertini, puis en 1951 par mon professeur d'histoire à Bugeaud, Marcel Leglay ; jamais par Masqueray.

Si vous avez remarqué sur la carte Michelin deux fois le symbole signalant des ruines proches appelées Rapidi et Sour Djouab, c'est une erreur. Rapidum, Rapidi ou Sour Djouab sont les trois noms utilisés pour désigner le même champ de ruines. Contrairement à Timgad, Djemila ou Tipaza, Rapidum ne devint jamais un lieu touristique et il n'y eut pas d'hôtel à Masqueray ; juste un café.

Stéphane Gsell (ou Hakimia)

Ce village sera le village sinistré de mon travail, car autant il est facile de trouver des informations sur la personne de Stéphane Gsell, autant il est difficile d'en trouver sur le village : le guide Michelin l'ignore et le guide bleu paraît le confondre avec Souagui qui n'est pas un centre de colonisation. Heureusement qu'il est mentionné par toutes les cartes ; sinon on pourrait douter de son existence.

Son nom a pour origine le patronyme d'un archéologue passionné par l'étude des ruines romaines, de toutes tailles, éparses dans toute l'Algérie.

Stéphane Gsell
est né à Paris en 1864 dans une famille alliée à celle de Louis Pasteur. Il fut un brillant élève qui intégra l'Ecole Normale Supérieure de la rue d'Ulm et en sortit agrégé d'histoire tout comme Masqueray. Il fut ensuite nommé à Rome.

Il arriva à Alger en 1890, non comme professeur de lycée, mais comme professeur à l'Ecole supérieure des Lettres que Masqueray avait créée à Alger en 1880. Pendant 4 ans Masqueray fut donc le chef de Stéphane Gsell.

Le jeune professeur dépassa son directeur d'Alger car il finit sa carrière à Paris avec une double casquette associant deux postes prestigieux : Inspecteur des Antiquités et Musées d'Algérie,
Professeur au Collège de France.

Au Collège de France on avait créé pour lui la chaire d'Histoire de l'Afrique du Nord.

Il ne resta donc pas à Alger jusqu'à l'âge de la retraite. Mais il y revint tous les ans en mission de fouilles qu'il conduisit de façon scientifique, s'efforçant de faire le tour de tous les sites et de déchiffrer les inscriptions trouvées sur les monuments ou sur de simples pierres gravées ; à commencer par les bornes milliaires comme celle donnant la distance de Rapidum à Auzia.

Entre 1893 et 1928 il a publié de nombreux livres sur l'Algérie dans l'Antiquité. Ses deux ouvrages majeurs sont : en 1911 un Atlas archéologique de l'Algérie,
de 1913 à 1928 une Histoire ancienne de l'Afrique du Nord en huit volumes.

Il fut le principal archéologue de l'Algérie. L'Algérie a récompensé ce travail de toute une vie en donnant son nom à - un musée à Alger ( Antiquités romaines et Art musulman)
- un lycée à Oran
- un village de colonisation dans le Titteri
- un pénitencier agricole !

Le pénitencier était à 2 km de Berrouaghia sur la route du futur village de Stéphane Gsell. Je connais la date de création du pénitencier (1879), absolument pas la date de fondation du village. Il est sûr qu'il a été créé entre 1908 et 1927. C'est vague : si un lecteur a des précisions à apporter, B.Venis et moi sommes preneurs. Je pense que la date de 1933 trouvée parfois est celle du choix d'un nouveau nom pour un centre plus ancien, Stéphane Gsell étant décédé à Paris en 1932. Ca ne peut pas être celle de la naissance du village.

Le village a été établi sur la route d'Aumale à Berrouaghia à 15km de Masqueray à un carrefour avec une route très secondaire reliant la départementale 20 et la RN 18 distantes de 9km. Il est à 3km à l'est du village indigène de Souagui. Il est dans la même situation que Masqueray, une plaine de montagne à plus de 850m d'altitude et encadrée par des alignements de collines boisées culminant à 1103m au sud. C'est une région de céréales et d'élevage bovin.
L'impossibilité de trouver des renseignements sur le devenir de ce centre de colonisation fait supposer qu'il n'a pas dû être plus brillant que celui de son

vendredi 1 mai 2009

Médéa est une ville de fonctionnaires et assimilés

Il y avait ceux de la sous-préfecture à partir de 1859, puis de la préfecture fin 1956
Il y avait ceux de la justice avec juges, huissiers
Il y avait ceux de la sécurité ; policiers civils et gendarmes au statut militaire
Il y avait ceux des recettes des contributions et des domaines
Il y avait ceux de la trésorerie générale
Il y avait ceux des PTT
Il y avait ceux de l'hôpital
Si l'on ajoute quelques métiers non fonctionnaires mais tout de même très officiels et très contrôlés, comme les notaires, les clercs, les avoués et les banquiers, cela fait beaucoup de monde.

Sans oublier bien sûr les nombreux enseignants du primaire et du secondaire des écoles françaises et indigènes qui furent distinctes jusqu'à la " fusion " de leurs instituteurs en 1949. Comme j'en ai connu quatre, j'en profite pour apporter quelques informations valables pour les années 1940/1950.
J'ai habité l'école des garçons indigènes, j'ai été élève à l'école française, j'ai passé l'examen de sixième au collège et mes parents étaient amis avec la Directrice de l'école de filles indigènes.

Médéa par des services de transports publics


Médéa est à 91km d'Alger.

En 1840 il n'existait aucune route carrossable. La première route, construite en 1842/1843 sous la conduite des officiers du Génie, commence par remonter les gorges de la Chiffa. Je suppose qu'elle a été aussitôt parcourue par des pataches et autres corricolos à large coffre. Ces véhicules lents à traction animale ont été doublés, à partir de 1892 par les trains d'une ligne de chemin de fer qualifiée de pénétrante, bien qu'elle ne pénétrât pas très loin. La route et le rail n'avaient en commun que le tronçon remontant les gorges de la Chiffa jusqu'à son confluent avec l'oued Mouzaïa.

Le chemin de fer est l'amorce d'une ligne inscrite dans le programme de 1879 pour aller jusqu'à Laghouat, au Sahara, mais qui ne fut jamais terminée. Il s'agit d'une ligne à voie étroite (de 1,055m) qui part de la gare de Blida, sur la voie normale Alger-Oran. Elle fut construite à l'économie avec des rampes de 25mm, des courbes de 120 m de rayon et des rails légers de 25kg/m. Le relief, très difficile, explique ces choix techniques ainsi que le grand nombre de tunnels, surtout dans les gorges de la Chiffa ; mais pas seulement. Après la vallée de la Chiffa, le rail remonte, sur 7km, la vallée de l'oued Mouzaïa, avant de tourner sur sa gauche pour grimper jusqu'à Lodi. La gare de Médéa est à 927m d'altitude. On qualifie parfois ce tronçon sinueux et difficile de " ligne alpine " avec un brin d'exagération car aucune tunnel ne dépasse les 1000m de long.

La compagnie de l'Ouest-Algérien, à laquelle la loi du 31 juillet 1886 avait confié la construction du tronçon Blida-Berrouaghia (83km), remplit ses engagements, mais n'alla pas plus loi, car il s'avéra, dès le début, que le trafic resterait faible. et que l'exploitation en serait lourdement déficitaire. Elle utilisa 9 locomotives à vapeur construites à Belfort, qui ne furent remplacées qu'à partir de 1910, quand la voie dépassa Berrouaghia.

Peut-être qu'en 1892 le train était moins lent qu'une patache pour aller à Alger malgré la nécessité de changer de train à Blida. Après 1920 l'autobus, direct, fut plus commode et plus rapide.

Les autobus que j'ai connus appartenaient à la société des auto-cars blidéens la bien nommée car son dépôt principal était à Blida, à gauche en sortant de la ville vers Alger. Auparavant il y aurait eu des services des sociétés Delaunay et Boukamel ; mais je ne sais rien de précis. Dès les années 1930 et jusqu'en 1962 le transporteur fut assurément la société de Blida qui fut nationalisée après l'indépendance. Elle assurait les liaisons Alger-Djelfa et Alger-Tiaret.

Pendant la guerre elle avait équipé ses véhicules de gazogènes ; après 1945 elle acheta aux établissement Chausson d'Argenteuil des véhicules modernes qu'elle fit peindre en rouge. Il y avait d'Alger à Médéa, au moins deux services quotidiens ayant leur terminus dans cette ville. Mais beaucoup d'autres bus de la même compagnie y faisaient un arrêt malgré l'obligation de prévoir un léger détour : ceux qui avaient leur terminus à Berrouaghia, ou Boghari, ou Aïn-Boucif ou Djelfa.

On pouvait aussi apercevoir en ville, près du garage Berliet de la rue Charpenay, les petits véhicules Renault de la SATT (société algérienne des transports tropicaux) qui traversaient tout le Sahara jusqu'au Niger, au Tchad et même au Nigeria anglais. Je doute que des Lemdani aient choisi cette ligne qui n'avait que deux arrêts obligatoires, Boghari pour le déjeuner et Laghouat pour le coucher.

Les cars empruntaient la route des gorges de la Chiffa, parallèlement à la voie ferrée, jusqu'au confluent de l'oued Mouzaïa. Ensuite la route et le rail se séparaient. La route suivait alors, sur 4km, la vallée de l'oued Si Ali, puis au prix de deux lacets très serrés, montait jusqu'au col, à peine visible qui, à 998m, permettait de redescendre vers Médéa.

J'ai été surpris de ne trouver aucune trace de lignes d'autocars vers les villages des environs ou vers Affrevlle. Donc, apparemment, pas de lignes de bus en correspondance avec les train

dimanche 19 avril 2009

Les Célèbres Martyrs de MEDEA

MOHAMED BEN AISSA EL BERKANI : Mohamed Ben Aissa El Berkani est considéré comme étant une personnalité historique et l'une des notabilités de Médéa. Son nom est étroitement lié au chef de la résistance populaire l'Emir Abdelkader. En effet, El Berkani était le Calife de l'Emir et le commandant de ses armées à Médéa. El Berkani est affilié à une famille ancestrale. Selon la légende, cette famille est originaire de " Aberkane " au Maroc, ayant émigré en Algérie, avant de se répartir entre Azazga, Cherchell et Médéa. La première rencontre entre El Berkani et l'Emir Abdelkader a eu lieu en 1835, lorsque l'Emir était venu à Médéa pour l'intégrer à son Emirat. Alors que le gouverneur de Médéa à l'époque Cheikh Moussa El Derkaoui s'était opposé à sa venue, il a été soutenu et aidé par El Berkani lors de la bataille de Ouamri, aux portes du secteur ouest de la ville. Suite à quoi, il a été nommé Calife de Médéa par l'Emir, lequel l'a également chargé de nombreuses missions, dont l'installation de certain Califes dans les Zibans (Biskra), de même qu'il a commandé plusieurs campagnes militaires qui l'ont mené à Sétif, dans les régionsdu Sud,à Medjana et à Zenata. Après l'occupation de Médéa par l'armée française, El Berkani a rejoint l'Emir Abdelkader à Mascara où il a participé à de nombreuses batailles jusqu'à ce qu'il tombe au champ d'honneur dans la fameuse et sanglante bataille appelée : "la catastrophe de la Smala ", en 1843.


LE COLONEL SI MOHAMMED BOUGERRA : Célèbres martyrs de Médéa, est né le 2 décembre 1928 à Khemis Méliana, wilaya de Ain Défla. Il a vécu et grandi au sein d'une famille conservatrice de classe moyenne. Le martyr Mohammed Bouguerra a entamé ses études à l'école française Lafayette. Parallèlement à ces études, il s'est initié aux sciences islamiques et a appris le Saint Coran avec le Cheikh Ben blidia et ce, jusqu'à ce qu'il se rende à l'université Zitouna, de Tunis.Après son retour dans sa ville natale, il a adhéré aux scouts musulmans algériens, en 1944. C'est à partir de cette date qu'il a entamé son action politique, ce qui lui a valu d'être arrêté au lendemain des événements du 8 mai 1945. Ceci ne l'a pas empêché de poursuivre son militantisme politique en activant au sein du Parti du Peuple Algérien, de 1946 jusqu'au déclenchement de la guerre de libération nationale. Dès cet instant, il a rejoint les rangs de l'Armée de Libération Nationale, au sein de laquelle il a progressé dans la hiérarchie jusqu'au poste de commandant de la wilaya IV. Il a participé au congrès de la Soummam en 1956 et à la réunion des chefs de wilayas qui s'est tenue au djebel d'El Milia, dans le nord constantinois, en 1958. Si Mohammed Bougerra était très connu pour ses positions révolutionnaires et héroïques jusqu'à ce qu'il tombe au champ d'honneur à Ouled Bouaachra, Médéa, le 5 mai 1959.
LE COMMANDANT SI LAKHDAR: Il s'agit de RabahEl Mokrani, né le 06 novembre 1936 à Bouira .Il a grandi au sein d'une famille aisée et a suivi des études à l'école primaire de Bouira avant de rejoindre le centre de formation professionnelle pour apprendre le métier de maçon. Dès le déclenchement de la guerre de libération, le Front de Libération Nationale l'a chargé d'organiser les cellules de la révolution dans les régions de Lakhdaria et Ain Bessam.En 1955, Si Lakhdar est devenu le premier chef militaire de cette zone. Il a créé avec le Chahid Ali Khodja, les groupes de Moudjahidine qui ont été à l'origine des opérations héroïques, infligeant à l'ennemi de considérables pertes. Ces commandos de vaillant smoudjahidine ont mené par ailleurs, plusieurs grandes batailles victorieuses à Khemis El Khechna, Bouira, Bordj El Bahri et à Tablat. Ses innombrables qualités, notamment en matière de stratégie militaire, lui ontvalu d'être promu au grade de capitaine pour être nommé par la suite, commandant de zone I de la Wilaya IV. Si Lakhdar s'est avéré un grand chef militaire jusqu'à son sacrifice suprême au champ d'honneur, le05 mars 1958,à Djebel Boulekroun.
LE COLONEL SI TAYEB EL DJOGHLALI : Si Tayeb El Djoghlali est né en 1916, dans la commune d'El Omaria. IL a fait ses premières études avec le Cheikh Rabah Alili, avant de rejoindre le mouvement national en 1937, où il a été chargé d'organiser ses cellules dans la région. Lorsque l'administration française avait découvert ses activités politiques, il a été arrêté et expulsé de la région pour une durée de quatre ans. Au déclenchement de la guerre de libération nationale, le FLN l'a chargé de collecter de l'argent et des armes et d'organiser des activités de mobilisation des citoyens et de leur sensibilisation aux objectifs de la révolution. En 1958, il s'est rendu en Tunisie pour y demeurer quatre mois. C'est durant ce séjour, qu'il a été promu au grade de colonel pour devenir le nouveau commandant de la Wilaya VI , succédant ainsi au colonel Si El Haouès à ce poste. A son retour de Tunisie, il s'est passé d'abord par la Wilaya IV pour se préparer à rejoindre sa nouvelle affectation. En route pour la Wilaya VI, il a été pris dans une embuscade près de la commune de Bousaada, au cours de laquelle il est tombé au champ d'honneur le 29 juillet 1959, en compagnie du commandant Mahmoud Bachène et treize autres moudjahidine.
LE COMMANDANT SI MAHAMOUD BACHÈNE : Il est né le 04 juillet 1928, dans la commune de Médéa où il a fait ses études primaires et coraniques. Dès les années cinquante, il adhère au mouvement national au sein duquel il a joué un rôle du premier ordre dans la formation politique et le développement de l'esprit révolutionnaire chez les citoyens. Au déclenchement de la guerre de libération, il a contribué à asseoir ses fondements à travers toutes les zones de Médéa. Lorsque son action de militant politique a été découverte, il a rejoint les rangs de l'ALN, en 1956, pour occuper de nombreux postes et assumer différentes responsabilités. Au début, il était commissaire politique, puis chef de zone, avant d'être nommé membre du secteur II de la Wilaya IV , avec le grade de commandant. Ce grade lui a été attribué à la veille de la mission qui lui a été confiée à l'effet d'accompagner le Chahid Si Tayeb El Djoghlali, mission au cours de laquelle il est tombé au champ d'honneur en 1959.
LE CHAHID HADJ HAMDI AHMED DIT ARSLAN : Il est né le 28 Septembre 1931 à Médéa. Il s'est distingué par son niveau de culture élevé et par sa maîtrise de la langue arabe. Ce qui lui a valu d'être admis pour étudier à l'université de la Zitouna de Tunis. A son retour à Médéa, il devient Modarres à l'école Zoubiria et à la mosquée du Chahid Si Brahim Ben Dali. Il a entamé son activité politique en 1955, en compagnie du Chahid Ould Torki Ahmed. Ensemble, ils ont semé les grains du nationalisme dans l'esprit des jeunes en les incitant notamment à rejoindre la révolution. En raison de son excellent niveau d'instruction, les responsables du FLN lui ont confié la mission de Morched de Wilaya, dont le travail consiste principalement à expliquer aux citoyens les différentes étapes de la révolution et ses objectifs. Ses discours enflammés et convainquants sur les actions héroïques de l'ALN, ont réussi à élever le moral des Djounouds et des civils à la fois. Il a poursuivi inlassablement son activité jusqu'au jour où il tombe au champ d'honneur à Takbou, le 29 Septembre 1960.
LE CHAHID FERRACH AHMED DI AHMED ELLOUHI : Il est né en 1936 à Ouled Hellal. Il a rejoint les rangs de l'ALN en 1956 dans la Wilaya IV et il a fait partie de la compagnie Zoubiria au début de l'année 1957. Le Chahid Ferrach Ahmed s'est distingué par son courage exceptionnel dans les différentes opérations menées contre l'ennemi, comme il était connu pour la précision de ses tirs à l'arme à feu. Ces qualités lui ont valu d'être promu et d'occuper de nombreux postes dont celui de commandant de compagnie, puis de zone, avant d'être nommé responsable militaire en 1961. Si Ahmed Ellouhi a participé à de grandes batailles qui ont eu lieu dans la Wilaya de Médéa et qui ont occasionné aux forces françaises d'importantes pertes en vies humaines et en matériel. Parmi ces batailles, nous citerons : La Bataille de Djebel Ellouh, La Bataille de Mokorno, La Bataille d'Ouled Cheris et l'opération de Ouled Sehil...Si Ahmed est tombé au champ d'honneur en 1962, en compagnie de 21 Moudjahed parmi lesquels des responsables de la zone I, dont Abderrahmane Bendine, Bouabdelli Mustapha et Khelil Chergui.
LE CHAHID IMAM LIES DIT SI DJAMEL : IL est né le 27 octobre 1937 à Médéa. Il a grandi dans un milieu familial assez aisé. Ce qui lui a permis de poursuivre ses études au lycée Ben Cheneb.Lorsque la révolution a lancé son fameux appel aux étudiants algériens, en 1956, il a répondu présent à l'appel du devoir et a rejoint les rangs de l'ALN. Il a assumé de nombreuses responsabilités parmi lesquelles chef de commandos dans les monts de l'Ouarsenis. Il est tombé au champ d'honneur en 1958, au cours d'une bataille qui s'est déroulée dans cette région.