jeudi 18 décembre 2008

samedi 13 décembre 2008

lodi





Lodi à la fin du XIX° siècle


Texte d'Edgar SCOTTI du cercle algérianiste de Toulouse , transmis par Hervé CORTES, et que l'auteur nous a autorisé à publier dans notre gazette.
La colonie agricole de Lodi fut créée en 1848 par une fraction de 912 colons dont 59 enfants de moins de deux ans du 8° convoi parti de Paris le 5 novembre 1848. Arrivés à Marseille le 19 Novembre, ils embarquèrent le 21 sur le "Christophe Colomb" et débarquèrent à Alger le 29 Novembre pour créer Damiette et Lodi. Ce nom a été donné au nouveau village en souvenir de la bataille de Lodi, ville de Lombardie, remportée le 10 mai 1796 par Bonaparte sur les Autrichiens.
Le village est situé au lieu dit "DRASMA" au pied du piton du DAKLA ( 1062 mètres) dans une situation agreste. Le sommet de ce piton était couronné par un édifice de forme cubique haut de deux mètres terminé par une plate-forme supportant un signal géodésique participant à la triangulation de la carte de l'Algérie..

Le village, commune de plein exercice est situé à quatre kilomètres à l'ouest de Médéa et à quatre-vingt quatorze au sud-ouest d'Alger. En 1990, sa population était de 2908 habitants dont 343 français et 2565 autochtones. La commune avait une superficie de 16090 hectares de vigne.
Lodi est une station de chemin de fer sur la ligne à voie étroite de Blida à Berrouaghia, (84 kms) par Mouzaïa les mines et Ben-Chicao. Plus tard cette ligne sera prolongée jusqu'à Djelfa.
Le village de Lodi est situé à 927 mètres d'altitude. Le climat est continental; la température passe de 2° au dessous de zéro en hiver à 36° en été;
A Mouzaïa les Mines, sur le territoire de la commune de Lodi, il y avait de magnifiques forêts de chêne liège, chênes verts et de pins d'Alep. D'importantes carrières de gypse (pierre à plâtre)alimentaient des plâtrières.
L’Administration Municipale était constituée de :
Maire : M. Jean IZARD
Adjoints : MM. André COUCHEZ, Errahmani Hadj LARBI
Secrétaire et Instituteur : M. Charles BERTRAND
Garde Champêtre : MM. M BODIN, Jean MICHEL
Cantonier : MM. Alfred JOFFRAY
Institutrice : Melle Irma CHAMBILLE
Curé : François SOULIE
DOUARS DE LA COMMUNE
Bou-Alem, Ouled-Delmi, Taddinart, Zaouïa, Zeddinart, Ouled Messaoud, Chaâb, Ouled Senen
PROFESSIONS
Aubergiste : Mme COUCHEZ, Mme DENISE
Boulanger/ M. Joseph MESSUD
Cordonnier : M. DI FILIPPI
Entrepreneur de travaux : MM. AMORY et Pascal CAMY
Four à plâtre : MM.Nicolas SCHETTINO et JAUFFRET
Menuisiers : MM Jean DUPOIZAT et François JANUZZI
Epiciers : Mme Vve GODDEBERGE, M. Moïse CHOURAQUI
Charron-Forgeron : M. RAMONI
AGRICULTEURS- VITICULTEURS
A partir des cépages comme le Morvèdre et le Morastel, Faranah et Merseguerra, la région produisait d’excellents vins rouges et blancs de bonne teneur alcoolique.
MM. Amory, Camy, André et Simon Couchez, Izard, Marin, Sarradet ;Michel, Boissard, Clément Scorbiac, Bergeron, Bouffartigue, Campagne, Honoré Caillaud, Demeuzoy, Vve Goddebergue, Quartero Raymond, Richard Tridondani .
LES LIAISONS AVEC ALGER
A partir de 1930, les liaisons avec Alger étaient assurées :
· par la route : autobus Alger – Lodi – Djelfa : transport Delaunay.
· Par la ligne P.L.M. de Blida à Djelfa, avec correspondance avec la grande transversale d’Alger à Oran. Avec quatre trains par jour dans le sens Blida –Lodi – et trois trains par jour dans le sens Lodi – Blida. Arrêt à la Chiffa, Sidi Madani, Camp des chênes, Mouzaïa les Mines .
LODI ET SES ECRIVAINS
Guy de Maupassant, Henriette Célarié, Charles Desprez, Victor Prouteau, impressionnés par le régime capricieux des oueds, sont restés sensibles aux efforts des hommes établis dans les gorges profondément déchirées de la Chiffa et des pentes ravinées du col de Mouzaïa.
En 1950, en raison des difficiles conditions d’existance, il ne restait dans cette région plus beaucoup de descendants des premiers colons du 8° convoi parti de Paris le 5 novembre 1848. Et pourtant, au départ, le citoyen TRELAT, représentant du peuple, maire du 12° arrondissement de Paris, leur avait déclaré : »Vos noms et plus tard le culte de votre souvenir seront bénis par vos enfants et vos petits fils. »
En 1955, le village de Lodi avait 5700 habitants sans compter la population des douars.
Cette note succincte, sur ce village de Lodi n’a pas d’autre objectif que celui de sauvegarder de l’oubli et du néant le passé algérien de ces colons du 8° convoi. Elle pourra être développée et complétée par tous ceux qui dans l’avenir seront intéressés par Lodi.

berrouaghia






BERROUAGHIA

L'ANCIENNE THANARAMUSA CASTRA
Notre connaissance du passé millénaire de Berrouaghia est presque nulle. D'une part, nous ne disposons pas encore sur cette ancienne cité d'archives qui autoriseraient une reconstitution historique solide. D'autre part, les rares documents qui existent (notes et chroniques) invitent plutôt à la réserve.

THANARUMUSA CASTRA
Première appellation connue de la ville de Berrouaghia, fondée sous l'empereur romain Septime Sévère vers l'an 122. La signification recueillie serait le nom d'un notable qui habitait ce Castra ou Camp.

AL BIRWAQIA
Sans que nous puissions en préciser l'époque, il semblerait que se sont les tribus autochtones en rapport avec une plante liliacée qui couvrait la région qui donnèrent le nom " Al Birwaqia " à la ville, transformé improprement par le colonialisme en Berrouaghia.

LA CITE ROMAINE
L'histoire de Berrouaghia est liée de la façon la plus intime au périmètre de la Z'mallah. Par sa position géostratégique, la ville fut, bien avant de devenir un centre colonial, l'objet des convoitises des romains qui s'y établirent vers l'an 122. Ils y ont laissé des traces de leur présence. L'empereur Septime Sévère construisit un camp militaire là où s'élève actuellement le pénitencier.

Cette assertion est corroborée par l'historien S. Gsell, « L'emplacement du pénitencier de Berrouaghia, voyais jadis les ruines d'une ville antique, qui était par conséquent Thanaramusa Castra. On y à découvert une dédicace à l’empereur Septime Sévère faite un T. Aelius Zabidus ».

Parmi les antiquités découvertes, nous signalerons également une tête de bronze, débris d’une statue d’enfant ou d’amour, une figurine de bronze du même lieu représentant l’Afrique, et un Bacchus, représentant le dieu nu, tenant de la main gauche un thyrse, de la main droite abaissée un vase, vers lequel paraît se tourner un animal, qui devait être une panthère.

Thanaramusa Castra fut donc un camp militaire mesurant, d’après une chronique, 400 pas de long sur 200 de large. Il était sous commandement d'un certain P.H.Masculus, coiffant une aile, c'est-à-dire mélange de cavaleries de Bretons et de Thraces combinant infanterie et infanterie montée ou Numeri. Leur uniforme consistait en une tunique, une culotte en cuir, un casque en métal, un spertha ou sabre, et enfin une lance.
L'identification du camp romain de Thara musa fut confirmée par Rénier et l'itinéraire d'Antonin.

Durant cette période, la cité atteignant une urbanisation graduelle. Les vestiges aussi bien que les récits des historiens en témoignent. Voici, entre autres, ce que nous dit S. Gsell à ce propos : Une population civile, composée sans doute en bonne partie de vétérans, s'installa à Thanaramusa. Des inscriptions des temps de Commode et de Septime Sévère mentionnent des citoyens romains qui firent élever des statues, ob honorem principatus. Il s'agit d'une charge qui était sans doute élective, d'une sorte de magistrature, comme l'indique le mot Honor. Les princeps devait être le chef d'une Res republica qui n'avait pas rang de commune romaine. Nous ignorons si, plus tard, Thanaramusa parvint, comme Rapidum, à la condition de municipe.

A ses débuts, cette cité n'était pas entourée de murs d'enceinte, mais l'insécurité due aux insurrections cycliques des Berbères de l'Est, contraignit les romains à élever des murailles ouvertes de portes qu'on verrouillait la nuit, comme le rapporte Tacite.

Voulant se procurer un bien-être matériel progressif aux habitants de cette cité, les romains construisirent des thermes dont le système de canalisation faisait passer l'eau chaude et froide dans différentes salles aménagées à cet effet. La vapeur d'eau passait par des orifices pratiqués dans le mur des salles de bains.

Ces thermes (Hammam Essalihine, et un second découvert tout récemment à la Z'mallah), étaient chauffées à la vapeur sortant d'une grande chaudière en bronze placée sur un foyer entretenu avec du bois.

Les romains divisaient ces thermes en CONIQUE (salle chaude) ; TEPIDARIUM (salle non chauffée) ; FRIGIDORIUM (pièce froide), et enfin L'OLEOCOTHESIUM (salle de massage).

Les thermes, véritables trésors archéologique et touristiques, subissent les contrecoups de l'abandon. D'autres indices de Thanaramusa Castra : traces de voies, reste de murs, sarcophages, statuettes, épitaphes, jarres, gravures sur dalles restent à fleur de terre sur un ton de profonde résignation. Cette cité millénaire enfouie dans les profondeurs de l'inexploration, a du jouir d'une prospérité étonnante que les archéologues et les historiographes n'en aient même pas un vague souvenir.

APERCU SOCIOTRIBAL
Le cadre social fondé sur la propriété communautaire de la terre assurait aux tribus de Hassan Ben Ali la suffisance économique tout au long de ses siècles. Les échanges qui s'opéraient à l'extérieur se faisaient sur la base du troc. L'or et l'argent étaient des équivalents d'échange.

En 1857, les Hassan Ben Ali étaient estimés à 3000 âmes. Ils possédaient, selon une étude de F.Pharaon, 5112 hectares de terres labourées, 3817 bœufs, 8621 moutons, 4780 chèvres, 193 chevaux, 196 mulets.

Cette prospérité allait s’éteindre avec les débuts de l’occupation coloniale avec la promulgation du tristement célèbre sénatus-consulte du 22 avril 1863. Cette loi visait, d’une part l’instauration de conditions favorables à l’extension du colonialisme par le biais d’un séquestre foncier massif ; et, d’une part, à briser les liens communautaires pour les dissoudre dans une circonscription administrative : le DOUAR. C'est aussi la fermeture des parcours de transhumance.

Les conséquences directes seront, entre autres, le fractionnement des tribus des Hassan Ben Ali, l'éclatement des cadres socio-économiques, la transformation des modes de vie, le passage de la vie rurale à la vie sédentaire sous sa forme la plus paupérisante.

Les tribus Hassan Ben Ali dont quelques-unes sont issues de Chorfas et prédicateurs religieux qui se sont répandues entre les régions du Titteri, à partir du XV° siècle. Certaines sources parlent de l'obédience des tribus de Berrouaghia aux confréries des Derqaouas et des Chadouliyas. La tradition nous a conservé le souvenir du grand saint Sid-Ahmed El Fergani dont les récits pieux font encore le thème des conversations. Sa descendance dans toute la région fut considérable.

Dans chaque tribu, raconte-t-on, il y avait une tente pour le livre saint du Coran qu'on faisait écrire aux enfants sur des lattes en bois par chapitres. Ce procédé permettait aux élèves de les retenir par cœur. Ce qui donnait lieu à une grande fête.

Rien ne soulignait mieux l'association du spirituel au matériel que ces levers matinaux qui commençaient à 3 heures du matin pour l'appel à la prière avant celui des champs.

Le nœud central autour duquel s'articulait toute l'existence fut la tribu dont la Djemâa perpétuait l'esprit de concertation et de solidarité. Les biens " Melk " couvraient alors une partie des terres et se caractérisaient par des cultures intensives ; les biens "Arches" ou appropriation collective étaient réservées à une céréaliculture extensive associé à l'élevage. Dès le mois de mai, des groupes de famille dont le mouton occupait une place importante, poussaient devant eux leurs troupeaux et s'approchaient de la lisière du Tell.

TRIBUS DES HASSAN BEN ALI (origines : arabes et berbères)
*Fraction Graba
*Fraction Ouled Fergane
*Fraction Ouled Maiza
*Fraction Ouled Mellal (formée par les Ouled Ameur et les Ouled Mendil)
*Fraction Ouled Brahim (formée des Ouled Beni H'ssen)
*Fraction Ouled Trif ( formée des Ouled Sassi des Beni-slimane)

Nous avons essayé de rétablir la sociotribalité de Berrouaghia avec les supports historiques que nous avons sous la main et les témoignages locaux les plus anciens, les plus dignes de foi.

Hassan Ben Ali, ancêtre lointain des ouled Kerakri était un saint homme qui vivait il y a plusieurs siècles dans les montagnes de Berrouaghia, à la même époque que le vénérable Sid-Ahmed El Fergani.

Selon nos sources, la grande tribu des Hassan Ben Ali s'est constituée par des migrations successives de fractions venues des Ouled Maâreuf, des Bedarnas, de Mouzaïa, de Mostaganem et de Mascara.

Il semblerait que se sont les Ouled Fergane qui ont été les premiers à avoir peupler la région, voilà 5 siècles.


OULED FERGANE
*Ouled Sidi Abdallah Ben El Khettab (origine : Mascara)
*Ouled Kerakri (origine : Ouled-Maareuf)
*Ouled Mechti (origine : Bedarnas)
*Ouled M'hamed (origine : Mascara)
*Hallassat (origine : Mouzaïa)
*Ouled Ben Mgatel (origine : Mostaganem)
*Ouled Ali (origine : Mouzaïa)
*Ouled Djelifa

GHRABA
*Ouled Bouyahia (origine : Boghar)
*Ouled Sidi Ali Ben M'hamed (origine : Flitta Guraba (Mascara)
*Ouled Saiba (origine : Rahmane)
*Ouled Benehekar (origine : Constantine)

LA GRANDE FERME OU " MANGA " OTTOMANE

Le développement allait étendre son urbanité et son agriculture sur une grande partie de l'emplacement de l'ancienne cité romaine.

L'un des rares témoignages que nous avons pu glaner nous renseigne sur le village durant sa période turque : "Berrouaghia était à la fois un établissement militaire et agricole, crée par le Bey Ouznadji et augmenté par ses successeurs".

En effet, en 1763, le Bey Osman acheta fermes et plantations dénommées " Haouche Osman ".

Après lui, entre 1775 et 1794, le Bey Ouznadji s'établit à Berrouaghia où il créa magasins, docks, hangars et postes militaires appelés " Noubas ".

Les vastes magasins de Berrouaghia renfermaient, selon une chronique, une immense quantité de grains, de bachemat, de bolghol et matériel agricole considérable.

Cette importance agricole sous les turcs apparaît nettement sous la plume de S. Gsell : "Berrouaghia était une ferme labourée, ensemencée, cultivée et récolte par les arabes au profit du Beylicat de Médéa ".

Sans doute les turcs ont voulu donner à leur présence dans la région du Titteri une certaine consécration en fondant l'organisation territoriale du Makhzen et dont Berrouaghia allait constituer un point important.

Elle n'avait d'égale que la ville de Médéa, pour la beauté de ses sites, l'étendue et la fertilité de ses terres, la grâce de ses forêts, ses ressources hydriques.

Mais le pendant négatif est celui des luttes interminables entre tribus autochtones et les représentants locaux du pouvoir Beylicale. C'est le cas des puissantes tribus des Hassan Ben Ali qui ne furent jamais gouvernées par un Caïd turc. Cela, à cause de leur mise à sac et une fiscalité obéissante à une volonté dominatrice des turcs.

Néanmoins, c'est dans cette période que Berrouaghia composera avec l'architecture, les travaux hydrauliques, la réglementation des échanges commerciaux qui culminera dans la tarification de tous les produits du marché hebdomadaire local qui s'y tenait, dit-on le Mercredi. D'où le nom de " Larbâa " qu'aurait porté le village avant de prendre celui d'AL BIRWAQIA.

Les remises en cause des représentants locaux des turcs étaient tempérés quelque peu par les privilèges dont bénéficiaient marabouts et chorfas de Berrouaghia.

Dans la période qui commence à partir de 1830, les tribus de la contrée sentirent le devoir sacré de combattre le colonialisme français.

Aussi, l'Emir Abdelkader trouva en elles ralliement et accueil chaleureux. Le prestigieux chef donna le ton à l'organisation militaire en installant sa Z'mallah, en désignant chefs de cavaleries, à côtés de l'Emir fit réagir le général français Baraguay d'Hilliers, en mai 1841, lequel engagea de terribles représailles contre eux. La Z'mallah fut mise à feu et à sang tout comme Boghar - autre forteresse de l'Emir.


LE VILLAGE COLONIAL
La création du centre colonial improprement nommé Berrouaghia s'inscrit dans un processus de la colonisation totale enclenché à partir de 1848, et connu sous le nom de " colonisation ouvrière de 1848 "

Cette opération déplaça donc de quelques trois kilomètres le siège de l'ancienne cité de la Z'mallah par décret impérial du 3 mars 1860. Mûri par un rapport datant de 1856, ce projet fixa le futur village sur la route Médéa - Boghar.

Ce même décret affecta au centre un territoire de 663 hectares 55 ares, et prévoyait l'établissement d'une trentaine de colons. Le plan en était fixé par les officiers du génie.

Le village commença donc à se couvrir de lotissement, traçage de rues et places, et verra l'inauguration d'une gendarmerie. Un certain capitaine Pons, l'un des premiers colons de la contrée écrit en 1856 : " Le village de Berrouaghia a été sans prospérité pendant les trois premières années qui ont suivie sa création. L'insalubrité, le manque de ressources ont d'abord détourné notre confiance. Mais, revenus de cette erreur, deux années ont suffi pour réparer le temps perdu. Plus de 40 maisons ou fermes, habitées par autant de famille, ont été construites ".

Avec la création de l'arrondissement de Médéa (décret du 1er décembre 1879), Berrouaghia sera rattachée à ce chef-lieu à partir de 1880. Mais onze ans avant ce découpage, et par décrets des 27 janvier 1869 et 10 février 1869, Berrouaghia fut érigée en commune de plein exercice.

En fait, cette organisation administrative n'a fait que calquer celle des turcs puisque le centre et cercle comprenaient un ou plusieurs des grands Aghaliks, et les subdivisions ou Khalifat. Il en est de même des bureaux arabes reconduisant l'ancien système des Mokhaznyas (administration centralisée) et les Hakams (représentation de base). Il en sera de même du Khodja-Khaznadji, Aga, Khodjet-El-Kheil, Chaouch, c'est-à-dire autant de fonctions que le colonialisme français greffera sur le territoire du Titteri.

D'après une communication de P. Boyer, 29 colons et leurs familles s'installèrent dont le capitaine en retraite Pons, qui planta le premier vignoble de Berrouaghia. Un instituteur, Mr Chambon, faisait en même temps fonction de secrétaire général de mairie.

Le 29 septembre 1876, quelques 457 hectares prélevés sur les terres affectées à l'ancienne Z'mallah furent rattachés à Berrouaghia. En 1879, sera construit le pénitencier agricole. Un autre décret, celui du 30 mars 1882, ajoutait 214 hectares au périmètre de colonisation ; en 1887, Berrouaghia comptait 1043 habitants, dont 600 européens et 443 musulmans.

A la même époque, le village enregistre la ligne de chemin de fer, la mairie, l'école, le presbytère, la justice de paix.

Le rattachement du 7 août 1947 de cinq fractions de douars environnants porta la population de 3494 habitants à 10073, et la superficie - après prélèvements successifs - de 2177 hectares à 10897. Ce pan historique représenté par les années 1800 constitue en fait une politique de dépossession foncière. Le Sénatus-consulte de 1863 obéissait en réalité à la désintégration du cadre institutionnel dans lequel s'exerçait la Djemâa au profit d'une représentation caïdale dont les membres étaient désignés par l'administration coloniale.

Comme il a été dit plus loin, la loi de Sénatus-consulte dépouilla le milieu paysan de ses sources de revenus. Pour donner une idée de cette dépossession, nous signalerons les 667 hectares prélevés en 1860 sur les douars de Ouled deïd et Seghouane.

La guerre, le paupérisme, l'injustice formeront la trilogie qui précipitera les ruraux vers le village européen. Cet exode rural sera le pendant d'une expansion économique de Berrouaghia (commerce, transport, bâtiment) excluant toutefois les gens de la campagne. C'est aussi la juxtaposition de quartiers européens et de quartiers arabes sur fond de ségrégation à la fois spatiale et sociale envoyée par l'expression de " village nègre
b

Ksar-El- Boukhari




Le Vieux Ksar se trouve dans la localité de Ksar-El- Boukhari, ville située à 64 km au sud du chef-lieu de wilaya. Il a été édifié par Mohamed El-Boukhari qui a donné son nom à la ville. Sa construction remonte à l’époque de la création de la ville de Achir Sanhadjite, soit au début du XXe siècle.

Le Vieux Ksar se distingue par sa position stratégique qui réunit toutes les conditions exigées pour l’édification de ksour ou de villes à l’époque, en raison des nombreux conflits entre les différentes tribus durant ladite période de l’histoire.

C’est pour cela que Mohamed El-Boukhari avait tenu à ce que le Ksar soit facilement défendable et protégé pour préserver la sécurité des habitants. Il doit également disposer de toutes les commodités sociales et économiques nécessaires à la vie quotidienne des populations. C’est dans cette optique qu’a été choisi l’emplacement du Vieux Ksar, à un endroit assez élevé, qui rend sa défense aisée contre les attaques extérieures par des adversaires qui n’attendent que cela. Il dispose également de sources d’eau potable abondante qui sont à l’origine d’une production agricole largement suffisante.

Parmi ces productions, nous citerons particulièrement les céréales dont le blé et l’orge. Ses riverains s’adonnaient aussi à d’autres métiers, notamment l’artisanat en plus de l’élevage qui était source de commerce et d’activités économiques fructueuses dans le Ksar. Ces activités lui ont permis d’atteindre une autosuffisance complète vis-à-vis de l’extérieur, garantissant ainsi à ses populations la sécurité et la stabilité.

Le Ksar était dans le temps un important carrefour où se rencontraient les commerçants venus de toutes parts, en raison de sa situation à un point de rencontre entre le Nord et le Sud. Cet avantage de taille attirait les gens de toutes les régions avoisinantes et même lointaines. Un grand nombre a fini par s’y fixer définitivement à cause des facilités qu’ils y trouvaient pour vivre tranquillement et aisément.

Tel est le cas du commerçant marocain Si Ahmed qui a construit la première mosquée. Dans le même contexte, beaucoup de commerçants du M’zab s’y sont également installés pour les mêmes raisons. Les juifs, à leur tour, ont vécu dans le Ksar et y ont édifié une synagogue qui existe d’ailleurs jusqu’à présent. Ces populations venues de toutes parts ont permis, en plus des transactions commerciales qu’ils réalisaient, de faire un brassage extrêmement riche en termes de coutumes et de traditions.

Ce qui a fait du Ksar un forum regroupant des cultures et des peuples de différentes origines, faisant de cette ville une cité durablement riche et diversifiée. Durant l’époque ottomane, les Turcs se sont installés dans le Vieux Ksar et ils y ont édifié de nombreuses résidences dont le nombre dépasse 40 maisons. De ce fait, le style urbanistique arabo-turc a prévalu dans une partie de son bâti urbain, en plus des touches andalouses, alors qu’auparavant le mode architectural pratiqué s’apparentait beaucoup plus aux ksour sahraouis qui étaient construits de manière à répondre aux exigences d’une région considérée comme étant la porte du grand Sud.

Parmi les personnalités religieuses qui ont émergé dans le Vieux Ksar, le vénéré cheïkh et grand savant Mohamed El-Mansour, mokadem de la confrérie El-Chadlia qui avait connu une large audience en Afrique du Nord, sous la houlette de ce respecté cheïkh qui avait de nombreux adeptes. Après l’occupation française de Médéa en 1840, le Vieux Ksar s’est ouvert à la réalisation d’infrastructures administratives et autres constructions de style européen pour logé les colons. Sur leur lancée, les autorités coloniales ont saisi les terres et les biens des populations locales pour les attribuer aux colons qui y ont introduit de nombreuses modifications.

Mais ces changements n’ont pas réussi à effacer totalement les traces et les caractéristiques de l’architecture originale, faisant partie de l’histoire ancestrale du Vieux Ksar qui a également pu préserver la dénomination de ses anciennes ruelles, à l’exemple de Znikat El Koussourya, fief du mouvement national depuis 1840. L’origine séculaire du Vieux Ksar et la diversité ethnique des populations qui l’ont habité lui ont permis de brasser une multitudes de styles urbanistiques qui lui donnent une architecture propre, caractérisée par des créations merveilleuses que l’on retrouve notamment dans les portes de maisons sous forme de voûtes, les fenêtres qui sont très bien faites, ainsi que les belles toitures en tuiles rouges d’origine arabe. Les balcons de maisons qui reçoivent les rayons de soleil donnent sur des ruelles tortueuses dont la sinuosité adoucit l’air dans les impasses intérieures.

Le Vieux Ksar est avant tout un exemple vivant de l’architecture ancienne chez les différents peuples qui ont habité la région. Chacun d’eux a apporté sa contribution pour réaliser un brassage harmonieux de cultures et d’arts dont le secret se trouve justement dans la diversité et le mariage entre les différentes touches créatrices. Il constitue de nos jours, un joyau d’une grande importance pour la ville de Ksar-El-Boukhari particulièrement et pour la wilaya de Médéa de manière générale. Les repères historiques ayant une grande valeur culturelle et touristique se retrouvent partout dans cette fascinante wilaya.

vendredi 12 décembre 2008

un legs par jean richepin



Du diable si je pouvais m'attendre à être un jour légataire, pour si peu que ce fût, du vieux docteur Amable Cherpillaud !
Sans doute, il avait été, jadis, le camarade de quartier Latin puis le collègue de mon père. Pas son ami, d'ailleurs ! De cela j'étais certain, leurs relations, si anciennes, n'ayant eu, à aucune époque, rien d'intime. Quant à moi, personnellement, je l'avais à peine fréquenté, même au temps lointain où j'allais chaque année, passer mes vacances chez mes parents à Wimeurs-les-Eppes. Je l'avais connu, alors, surtout de réputation, et plutôt comme une sorte de pauvre imbécile à qui je ne témoignais pas grande sympathie. Enfin, au cours de ces vingt dernières années, ne retournant plus là-bas depuis la mort de mes parents, je l'avais tout à fait perdu de vue.
Il n'y avait donc pas de raison plausible pour que le bonhomme eût pensé à me coucher sur son testament, et encore moins pour qu'il y eût pensé sous une forme aussi singulière et romanesque.
Mais il fallait bien, cependant, me rendre à l'évidence. La lettre du notaire était là, devant mes yeux ébahis. Elle me faisait savoir que le docteur Amable Cherpillaud me léguait... un pli scellé, lequel devait m'être remis en mains propres, sous la condition expresse que j'aurais, après avoir lu ce pli, à le brûler en présence du susdit notaire.
Quelque peu d'attrait que pût me promettre la confidence posthume d'un être insignifiant à ce point, ma curiosité en fut excitée, quand même, tant le romanesque est alléchant ! Et je pris le train.
Chemin faisant, je me fis mille reproches de m'être laissé hameçonner à une telle amorce, au fur et à mesure que me revenaient en mémoire tous les détails appris autrefois touchant le caractère et la vie du docteur. Ils reconstituaient une physionomie vraiment trop dénuée d'intérêt ! Qu'allais-je apprendre de plus, relativement à ce pauvre imbécile ? A coup sûr, cela ne valait pas le voyage !
Je me rappelais, tout d'abord, et en vive lumière, la figure même d'Amable Cherpillaud, le jour où je l'avais vu pour la première fois, le jour de ses noces, voilà une quarantaine d'années. Oh ! la triste, la ridicule, l'ingrate figure, plus lamentable que jamais en pareille circonstance, plus lamentablement triste, ridicule et ingrate !
Amable Cherpillaud avait alors la cinquantaine, mais une cinquantaine confite dans l'ennui provincial, dans la conscience d'une laideur terne et bête, dans le train-train d'une existence sans pensée, ni action, ni rêve. Mauvais petit médicastre qui avait, jusque-là, vivoté d'une clientèle hasardeuse, il venait de faire un héritage qui lui permettait de vivre dorénavant en renonçant à une profession qu'il n'aimait pas ; et on lisait à plein, sur sa mine aigre, à la fois renfrognée et orgueilleuse, l'amère bile de tous ces déboires passés et la basse joie d'être envié maintenant.
Mais on y lisait cela, seulement, et rien d'autre. Sous ces deux poussées de vert et de rouge, qu'on sentait momentanées, blêmissait le teint de chaque jour, qui reprendrait demain son gris neutre, uniforme, morne, emblème d'une imbécilité irrémédiable et essentielle.
Et pourtant, une vraie joie, une joie de passion, aurait dû y fleurir aujourd'hui, sur ce visage de niais, et le transfigurer, puisque le docteur, grâce à son argent, épousait la plus belle fille du pays.
Mais il ne semblait pas même en être épris, de cette radieuse Madeleine Grimblet, épanouie dans la gloire de ses dix-sept ans en fleurs, si blanche et si rose sous ses épais cheveux frisés pareils à des grappes de raisin noir, si belle plante, comme on disait là-bas, avec sa grâce de jeune vierge encore et déjà ses hanches roulantes et sa gorge rebondie de femme, mûre pour l'amour.
Non, il semblait l'épouser uniquement pour faire pièce à tous ceux qui la désiraient. Et ce sentiment visible le rendait plus laid auprès d'une telle splendeur, lui, le maigre et ratatiné vieux garçon, le rouquin à demi déplumé, le godiche aux favoris en queue de lièvre, au long nez chafouin, aux yeux étroits et bridés, au cou de dindon, aux oreilles décollées et sans ourlet, à la lippe supérieure interminablement stupide, au menton court et fuyant, aux pâles lèvres minces lui faisant une bouche en fente de tirelire.
Et tel je l'avais revu toujours, par la suite, enlaidissant avec l'âge, tandis que sa femme embellissait de plus en plus et devenait la belle madame Cherpillaud, non plus seulement la plus belle fille du pays, mais, disait-on de façon courante, la reine du département.
Et, de façon courante aussi, ce qu'on disait alors, c'est que la belle madame Cherpillaud, toute dévote qu'elle était, et très dévote, en faisait voir de drôles au pauvre imbécile. Oh ! sans le moindre scandale, bien entendu, comme il sied en province ! Portant la culotte et menant le benêt tambour battant, elle se passait à domicile les fantaisies d'un tempérament de feu, racontait la chronique secrète. Cherpillaud n'y pouvant suffire, la besogne incombait, paraît-il, au jardinier. Ainsi, du moins, le narraient, et à grand renfort de gorges chaudes, les Brantômes de Wimeurs-les-Eppes.
Ils ajoutaient même que les jardiniers succombaient l'un après l'autre à la tâche, si bien choisis qu'ils fussent et si bien soignés.
Et, de fait, j'avais fort nette souvenance d'avoir toujours vu, à chacun de mes voyages là-bas, quelque nouveau gars au service du docteur, un tous les deux ou trois ans à peu près, quelque dru et robuste campagnard, duquel j'entendais dire, par la suite, qu'il avait bientôt dépéri et s'était en allé de la poitrine.
Et, de même, il me remontait à l'esprit d'avoir ouï des ivrognes faisant, les soirs de fête, la conduite au docteur, avec une chanson du pays, goguenarde et sans gêne, dont je ne citerai qu'un couplet, car les autres et particulièrement le dernier bravent trop l'honnêteté.
Savez-vous ce que je mange, Quand je mange à la maison ? J' mang' du failli pain d'avoine. Pauvres gens, c'est pas ben bon. J'avons ben du bon pain blanc, Qu'est blanc et mollet : Mais il est pour notre femme. Et son va-a-let. Tra la la, la la, ma femme est pour les autres. Tra la la, la la, ma femm' n'est pas pour moué.
Et je me rappelais encore qu'Amable Cherpillaud ne bronchait pas sous l'insulte, et qu'il gardait imperturbablement son teint d'un gris neutre, uniforme, morne, emblème d'une imbécilité irrémédiable et essentielle.
En vérité, il donnait l'impression, ou d'être consentant, comme on le répétait à sa honte, ou de ne savoir absolument rien du tout, comme pouvait le faire croire son air de parfaite bêtise.
D'autres détails ressuscitaient dans ma mémoire, mais qui n'ajoutaient pas grand'chose à la physionomie du bonhomme. Ceux-là, je les tenais de mon père. A son estime, Cherpillaud était une très piètre intelligence scientifique, qui n'avait passé qu'avec peine son doctorat, qui, depuis, n'avait jamais travaillé, qui en était resté aux vieilles méthodes d'il y a cinquante ans, à la saignée, aux sangsues, et qui, somme toute, avait surtout péché, comme médecin et comme homme, par une stupidité absolue jointe à la plus infime faiblesse.
C'est avec ces souvenirs et ces notions sur le docteur, que j'arrivais à Wimeurs-les-Eppes, regrettant tout à fait le voyage où m'avait entraîné une curiosité vaine, et bien convaincu que le legs du pauvre imbécile ne pourrait jamais être, malgré sa forme romanesque, une chose intéressante.
Le notaire me remit cérémonieusement le pli scellé, devant un grand feu de bois qui flambait comme s'il avait eu conscience d'avoir à remplir tout à l'heure un devoir tabellionnaire. Ce feu et l'officier ministériel avaient une majesté qui m'obligea moi-même à briser majestueusement les cinq larges cachets de cire rouge. Je trouvai que nous étions, le feu, le notaire et moi, d'un grotesque achevé. Pour m'en dégourdir un peu, je risquai une timide plaisanterie sur la belle madame Cherpillaud et les jardiniers, sachant que le notaire, autrefois, était un des Brantômes les plus salés de Wimeurs-les-Eppes.
Le notaire m'interrompit, en me croassant, grave comme un corbeau :
- Madame Cherpillaud est morte, il y a six mois, d'un cancer.
Je ravalai ma salive et me mis à lire tout bas le papier que voici :
«Pour vous, esprit parisien qui devez mépriser les provinciaux en général et, en particulier, le pauvre imbécile que je parais être, ces quelques notes sont rédigées. »J'ai profondément aimé Madeleine et je ne pouvais me passer d'elle, de son corps, j'entends.»Je suis fidèle aux doctrines de Cabanis, absolument matérialiste et athée. Je ne crois pas au remords.»Néanmoins, je me suis mis au courant, sans que personne l'ait su, des doctrines de Pasteur. Je crois aux microbes.»Depuis dix ans, ma femme, convaincue de ma toute-puissance, m'a été complètement et délicieusement soumise.»Je veux qu'elle meure avant moi ; et cela, donc, sera, mes volontés à cet égard ayant toujours été exécutées.»J'ignore si on guérira jamais la tuberculose et le cancer ; mais je sais parfaitement qu'on peut les donner.»Faites-vous conter l'histoire de ma vie, si vous ne la connaissez pas, et concluez, jeune homme, en vous disant, avec Balzac, qu'il n'y a de grands originaux et de grands criminels qu'en Province».
Je jetai le papier au feu, mis mon chapeau, et courus vite reprendre le train pour rentrer à Paris, où les originaux et les criminels ont, en effet, moins qu'en Province, le loisir de devenir grands, occupés qu'ils y sont, comme tout le monde, à se débattre, sans fin ni cesse, parmi les remous tourbillonnants des mufles

jeudi 11 décembre 2008

La maison de l’Émir Abdelkader


La maison de l’Émir Abdelkader constitue l’un des repères historiques et culturels et l’une des merveilles architecturales que compte la wilaya de Médéa. Cette maison qui a été construite par le Bey du Beylek du Titteri Mustapha Boumezrag, entre 1819 et 1829, ressemble dans une large mesure aux palais ottomans de la Casbah d’Alger. Aujourd’hui, elle se retrouve dans la ville de Médéa, au Sud de Bab Laqouas. De nombreuses infrastructures rattachées à la résidence du Bey Boumezrag ont été également réalisées, à l’exemple de la mosquée Malekite, mitoyenne de la maison de l’Émir et qui sont reliées par une galerie que le Bey empruntait avec sa suite pour se rendre à la mosquée en vue d’accomplir la prière. En 1835, l’Émir Abdelkader a utilisé cette bâtisse comme siège politique et comme État Major.Cette maison a également abritée d’importantes rencontres dans le cadre de la préparation du traité de la Tafna, de même qu’elle a servi d’atelier pour la fabrication d’armes.Suite à l’occupation de Médéa, l’armée française s’est emparée de la maison de l’Émir Abdelkader qui a servi depuis, de siège au gouverneur militaire français. Durant l’époque française, la bâtisse a subi des modifications qui ont concerné son style architectural beaucoup plus européen. La superficie de la maison de l’Émir est estimée à 880 m2. Elle comprend deux cours extérieures, l’une du côté Nord et l’autre du côté Est. Ayant un cachet purement Arabo-Turc, elle se compose de deux niveaux, le premier au rez-de-chaussée, renferme des couloirs intérieurs dotés des deux côtés, d’arcades d’une hauteur moyenne ainsi que des galeries assorties de portes donnant sur les ailes des deux niveau.L’architecture de la demeure de l’Émir Abdelkader est inspirée des constructions méditerranéennes, notamment dans ses compartiments intérieurs telles que la cour et les chambres. Dans sa construction, il a également été tenu compte de l’épaisseur des murs pour qu’ils puissent supporter le poids des toitures qui sont habituellement revêtues de coupoles. Quant à la matière ayant servie à sa construction, elle se compose essentiellement de pierres et de briques chinoises mélangées à la chaux et au sable. La maison que l’Émir comprend des objets d’art rarissimes, telles que : l’horloge solaire accrochée sur la façade Sud de la maison, les colonnes en bois qui sont les messagers de son passé glorieux à l’adresse de son présent radieux.Ce chef d’œuvre architectural résume le passé et raconte les faits et leurs impacts dans les détails, de son architecture en tenant à préserver jalousement le cachet authentique de sa création. Elle reçoit aujourd’hui les bras ouverts, tous ceux qui souhaiteraient méditer la splendeur de sa conception et écouter avec intérêt l’histoire et les actes héroïques de ceux qui ont vécu entre ses murs, d’autant plus qu’elle se trouve dans la vielle ville où la nostalgie du passé se mélange aux secrets de ses ruelles. Sur les hauteurs de la ville, se trouve le domaine du Bey qui a été construit en 1920 et qui est l’une des dépendances de la résidence du Bey Mustapha Boumezrag. Ce domaine constituait la résidence d’été et les lieux de repos du Bey, au milieu d’une nature merveilleuse et de jardins paradisiaques. Le domaine du Bey se compose de deux parties, l’une réservée au Bey en personne et l’autre au reste des citoyens.Le domaine du Bey est une fierté faisant partie de l’héritage de l’époque ottomane à Médéa ainsi qu’un modèle des jardins somptueux, attestant de la prospérité du dernier Bey du Titteri Mustapha Boumezrag. Cette image est une preuve indéniable sur la richesse du patrimoine urbanistique avec toutes ses facettes héritées de l’époque turque par Médéa et sur ses potentialités culturelles et touristiques diverses que le visiteur est loin de pouvoir imaginer.

om.medea 1947.1948