mercredi 18 juillet 2012

ABD-EL-KADER (1808-1883) - ÉLÉMENTS BIOGRAPHIQUES




1807 : (Septembre) ou 1808 (Septembre) (selon les sources) : naissance, près de Mascara, à la Guetna de l’oued El-Hammam, d’Abd-El-Kader, troisième fils du chérif Mohi Ed-Dine ben Mostafa El-Hassani, chef spirituel de la tribu des Beni-Hachem, moqaddem de la confrérie soufie Qadiriyya, et unique fils de Lalla Zohra bent Sidi Amar ben Douba (deuxième épouse de Mohi Ed-Dine).
1822 : Abd-El-Kader est envoyé par son père à Oran, pour étudier auprès du lettré Si Ahmed ben Khodja.
1823 : mariage d’Abd-El-Kader avec Kheira, la fille de son oncle paternel, Ali Boutaleb.
1826-1829 Abd-El-Kader est emmené par son père pour un premier pèlerinage à La Mecque et à Médine. Les pèlerins passent par Tunis, Alexandrie, Le Caire, et ils se rendent au désert du Sinaï. Leurs dévotions faites aux Lieux Saints de l’Islam, ils se rendent à Damas, où Abd-El-Kader peut se recueillir auprès du tombeau d’lbn Arabi, et où il reçoit durant quelques semaines l’enseignement d’un grand maître soufi, le cheikh Khalid En-Naqshabandi. Séjour de quelques mois, également, à Bagdad, où les a conduits le désir de visiter le tombeau de Mohi Ed-Dine Abd-El-Qadir El-Jili El-Jilani, fondateur de la Qadiriyya.
1832 (Mai) : premières actions de résistance à l’invasion française conduites par Mohi Ed-Dine dans l’Ouest algérien. Après avoir débarqué dans la baie d’Alger le 14 Juin 1830, les Français ont, en effet, pris possession d’Oran le 4 Janvier 1831, chassant les Turcs. Abd-El-Kader connaît alors son “baptême du feu”.
1832 (21 Novembre) : Abd-El-Kader est proclamé, à 24 ans, “Sultan des Arabes” par trois grandes tribus de l‘Ouest Algérien dans la plaine de Ghriss, puis Emir de Mascara. Aussitôt, Abd-El-Kader décrète le “djihad” (devoir religieux de résistance militaire) contre l’envahisseur français (perçu comme “les chrétiens”).
1833 : mort du chérif Mohi ed-Din, père d’Abd6el-Kader.
1834 (26 Février) traité de paix signé entre Abd-El-Kader et le Général Desmichels, à l’initiative de ce dernier. Abd-El-Kader commence à mettre en place son État dans la province d’Oran (cette ville restant sous gouvernement français).
1835 (28 Juin) : victoire militaire d’Abd-El-Kader sur le général Trézel (successeur de Desmichels), à la Macta, suite à une reprise des combats liée à des interprétations divergentes du traité Desmichels.
1835 (6 Décembre) : le Maréchal Clauzel s’empare de Mascara, la capitale de l’Emir.
1837 (30 Mai) : signature, avec le Général Thomas-Robert Bugeaud, Marquis de la Piconnerie, du traité de paix de la Tafna, par lequel Abd-El-Kader accepte une certaine souveraineté de la France sur une partie de l’Algérie, tout en se voyant reconnaître sa propre autorité sur les deux tiers du territoire algérien. Cependant, les versions arabe et française du traité ne sont pas les mêmes et ouvrent la voie à des interprétations contradictoires.
1838 (11Juin) – 1839 (10 Janvier) : siège et destruction, par Abd-El-Kader, de la zaouia d’Aïn-Madhi du cheikh Tidjani, opération militaire menée sur la base d’un malentendu.
1839 (20 Novembre) : le traité de la Tafna est rompu avec la reprise de la guerre par Abd-El-Kader en différents lieux du territoire algérien.
1840-1844 : période durant laquelle les bataillons militaires français multiplient les conquêtes sur tout le territoire algérien. Bugeaud a été nommé Gouverneur Général de l’Algérie. Une “guerre totale” est livrée contre la résistance à la colonisation, avec de nombreux massacres de populations civiles. Plus de 100.000 soldats français sont engagés dans ces opérations. Les troupes d’Abd-El-Kader donnent du fil à retordre aux Français, mais le rapport des forces est trop inégal pour permettre un retournement décisif de la situation.
1843 (16 Mai) : prise de la Smala d’Abd-El-Kader (sa “capitale mouvante” ; plusieurs milliers de personnes) par Henri d’Orléans, Duc d’Aumale, cinquième fils du Roi Louis-Philippe, en l’absence de l’Emir.
1845-1847 : période durant laquelle Abd-El-Kader, replié au Maroc, tente en vain de regagner du terrain au moyen de diverses incursions en territoire algérien.
1846 (18 Juillet) : dans un contexte de disette, massacre de prisonniers français ordonné par le beau-frère d’Abd-El-Kader, Moustapha ben Thamy. Un crime qui sera longtemps reproché à l’Emir malgré son innocence.
1847 (23 Décembre) : reddition d’Abd-El-Kader entre les mains du Général de Lamoricière, après que l’Emir ait été abandonné par le sultan du Maroc Moulay Abd-Er-Rahman (lequel, depuis 1844, était devenu grandement dépendant du bon vouloir des Français). Abd-El-Kader reçoit la promesse qu’il pourra bientôt se rendre librement dans un pays d’Orient, en compagnie des membres de sa famille et de ses officiers restés fidèles.
1848 (8 Janvier) : arrivée d’Abd-El-Kader et de sa suite à Toulon, où ils sont retenus au Fort Lamalgue, soi-disant dans l’attente d’un transfert à Saint Jean d’Acre, à Alexandrie ou à La Mecque.
1848 (fin Avril) : emprisonnement de l’Emir et de sa suite au château d’Henri IV à Pau. Le régime républicain qui vient de renverser la monarchie dite “de Juillet”, a finalement décidé de ne pas chercher une terre de refuge à Abd-El-Kader en Orient comme s’y étaient engagés, au nom du dernier roi des Français, le général de Lamoricière et le duc d’Aumale.
1848 (3 Septembre) : première visite à Abd-El-Kader de Monseigneur Antoine Adolphe Dupuch, évêque émérite d’Alger.
1848 (2 Novembre) : Abd-El-Kader et les siens sont emmenés de Pau jusqu’à Amboise, pour une nouvelle captivité. Malgré l’élection, en décembre 1848, du Prince Louis-Napoléon Bonaparte comme premier Président de la République Française (lequel était favorable à la libération d’Abd-El-Kader), l’Emir va rester prisonnier encore quatre années, l’Assemblée Nationale française s’opposant majoritairement à un élargissement pourtant conforme à la parole donnée.
1848 (Novembre) - 1852 (Décembre) : longue captivité d’Abd-El-Kader au château d’Amboise, consacrée à la prière et à l’étude.
1849 (15 Mars) : Monseigneur Dupuch achève son livre “Abd el-Kader au château d’amboise” qui plaide pour la libération de l’Emir.
1851 : Les conditions de captivité d’Abd-El-Kader à Amboise s’assouplissent. Il peut sortir de l’enceinte du château et visiter la région.
1852 (16 Octobre) : le Prince-Président Louis-Napoléon Bonaparte se rend au Château d’Amboise pour annoncer lui-même à Abd-El-Kader sa libération.
1852 (27 Octobre) : Abd-El-Kader se rend à Paris pour remercier le Prince- Président Louis-Napoléon Bonaparte d’avoir ordonné sa libération.
1852 (2 Décembre) : nouveau déplacement d’Abd-El-Kader à Paris pour saluer le nouvel Empereur Napoléon III.
1852 (10 Décembre) : Abd-El-Kader quitte Amboise.
1852 (12 et 13 Décembre) : séjour d’Abd-El-Kader à Lyon.
1852 (14 Décembre) : arrivée d’Abd-El-Kader à Marseille où il va séjourner une semaine.
1852 (21 Décembre) : embarquement de l’Emir à Marseille, pour rejoindre Constantinople à bord de la frégate “Le Labrador”.
1853 (7 Janvier) : arrivée à Constantinople.
1853-1855 : exil à Bursa (Anatolie occidentale, Empire ottoman).
1855 : tremblement de terre à Bursa, qui va entraîner le départ d’Abd-El-Kader de cette cité où il ne s’est jamais plu.
1855 : premier voyage de retour en France, à Marseille puis Paris. Dans la capitale, l’Emir assiste au “Te Deum” chanté à la Cathédrale Notre-Dame à l’occasion de la prise de Sébastopol, arrachée aux forces militaires russes qui menaçaient la Méditerranée. Il visite l’Exposition Universelle.
1855 (Décembre) : installation d’Abd-El-Kader et de sa suite à Damas. Une colonie de plusieurs centaines d’Algériens va dès lors se réunir autour de lui.
1856 : séjours d’Abd-El-Kader à Beyrouth, puis à Jérusalem et à Tibériade.
1857 : Abd-El-Kader finance la première édition du “Livre des Conquêtes Spirituelles” (”Foutuhat el Makiyya’’) de son maître lbn Arabi.
1859-1860 (Hiver) : le colonel anglais Charles-Henry Churchill séjourne auprès d’Abd-El-Kader à Damas afin d’écrire une biographie détaillée de l’Emir. Celle-ci, qui reste une des principales sources de connaissance d’Abd-El-Kader, paraîtra en 1867 à Londres, et à la fin de 1887 en France.
1860 (Juillet) : Abd-El-Kader, aidé des ses fidèles Algériens, sauve, à Damas, plusieurs milliers de chrétiens d’un massacre programmé par les Druzes.
1862 : mort, à Damas, de Lalla Zohra, mère d’Abd-El-Kader.
1863 : nouveau voyage en Égypte, suivi d’un nouveau pèlerinage et d’un séjour de plusieurs mois d’Abd-El-Kader à La Mecque et à Médine.
1863 : parution, à Paris, d’une biographie très honnête et assez complète d’Abd-El-Kader, écrite par Alexandre Bellemare qui a connu l’émir dans ses fonctions d’interprète du Ministère de la Guerre.
1864 : Abd-El-Kader rentre des lieux saints de l’islam en passant à nouveau par l’Égypte.
1865 : quatrième séjour en Égypte d’Abd-El-Kader. Puis deuxième retour à Paris et, surtout, déplacement à Londres où il retrouve d’anciens soutiens anglais. Dans la capitale de l’empire britannique, il peut visiter l’Exposition Universelle installée au Crystal Palace.
1867 : troisième retour à Paris, à l’invitation de Napoléon III, pour l‘Exposition Universelle organisée au Champ de Mars.
1869 (17 Novembre) : Abd-El-Kader est présent à l’inauguration du Canal de Suez, réalisé par Ferdinand de Lesseps, canal en faveur duquel il s’est beaucoup engagé.
1879 : dernier voyage en Égypte.
1883 (26 Mai) : mort d’Abd-El-Kader à Damas. Il est inhumé aux côtés de son maître lbn Arabi comme il l’a désiré (mais sa dépouille sera ramenée en Algérie, au cimetière El Alia d’Alger, en 1966).

mercredi 15 juin 2011

Médéa, ancienne capitale du Titteri

Durant l’ère ottomane, les pays duMaghreb arabe dont l’Algérie, ontconnu de nombreux troubles à partir du 16éme siècle. Les territoires de la rive sud de la Méditerranée ont été la cible de campagnes d’agression acharnées qui se sont succédées durant cette période, en particulier suite à la chute de Grenade en 1492, à l’occupation de l’Andalousie par l’Espagne chrétienne.

Les desseins de l’Espagne ne se sont pas limités au seul fait de chasser les musulmans d’Andalousie, mais ils s’étendaient au-delà de la Méditerranée, puisqu’elle s’est emparée de Mers El Kebir en 1505, Oran en 1509, Bejaïa en 1510 et enfin Alger.

Cette occupation a poussé le gouverneur de la capitale Salem Toumi avec le soutien des notables de la ville à demander secours aux frères Turcs Arroudj et Kheiredine qui s’étaient rendus célèbres par leur force, leur maîtrise des questions militaires et leurs compétences en navigation maritime.

Ces derniers venus à la rescousse ont réussi à chasser l’Espagne de la ville d’Alger qui s’est transformée depuis, en régence ottomane sous la direction de Arroudj qui s’est proclamé roi de la ville.

Le pouvoir ottoman s’est étendu par la suite à l’intérieur du pays à partir de 1517. Ainsi, Arroudj occupa Médéa après avoir vaincu le roi de Ténès Hamed Ben Abid dans la région de la Mitidja. Il a édifié une université militaire composée de soldats turcs et de quelques ressortissants andalous.

Kheiredine a reçu le soutien du Sultan ottoman qui a mis à sa disposition des hommes et des provisions en vue de renforcer sa présence dans la région et d’édifier des bases militaires que les Turcs appellent Touba.

A partir de l’année 1548, Médéa est devenue la capitale du Beylek du Titteri sous l’autorité de Hassan Pacha, fils de Kheiredine Baba Arroudj. Les turcs ont divisé le Beylek du Titteri en quatre territoires appelés Kayedates : La Kayeda du Tell sahraoui, La Kayeda du Tell El Guebli, La Kayeda de Sour-El-Ghozlane et la Kayeda du Sud. Quant à la force militaire dont disposait le Bey du Titteri, elle se composait de : La garde personnelle du Bey qui comprenait 15 M’kahli et 50 Sbaihi. Les délégués de la ville dont le nombre s’élevait à 120 soldats.

La force de réserve et l’unité de protection de Sour-ElGhozlane formées de 30 soldats et de 60 réservistes. Pas moins de 17 Bey se sont succédés à la tête du Beylek du Titteri : Ahcène, Radjeb, Chaâbane, Ferhat, Osmane, Sefta, etc… Leurs relations avec les populations locales ont oscillé entre la stabilité et le rejet de la présence Turque, notamment par les tribus du sud

jeudi 2 juin 2011


L'association "Les amis de Médea" et L'association errakim nous invite à une journée à Médea. dans le cadre d'un échange culturel et artistique

pour des raison d'ordre organisationnel, Le départ se fera en Bus,et ce pour tout le monde, vous laissez vos voitures au parking 1er Mai.

Au programme, rencontres et échanges avec les amateurs photos de la ville de Medea, et biensur sortie photo, les membres de l’association Les Amis de Medea nous ont concocté une sortie variée, incluant:

- Sortie Nature

- Déjeuner pic nic

- Retour sur ville et visite des sites historiques ainsi que la vielle ville

-Retour sur Alger

La pause déjeuner est généreusement prise en charge par nos amis de l'association des Amis de Medea que noue remercions du fond du coeur.



L'association errakim :
http://www.errakim.org/

Blog L'association " les amis de la ville de Medea :

http://lesamisdelavilledemedea.blogspot.com/

lundi 23 mai 2011

fleurs et jardins dans la poésie andalouse chantée


Le dernier ouvrage « fleurs et jardins dans la poésie andalouse chantée » est l’œuvre de la belle plume du Dr Benbabaali et la fabuleuse voix de la chanteuse Beihdja Rahal : c’est une merveille.
Médéa : Le professeur Saadane Benbabaali sur les traces de l’érudit Docteur Bencheneb.

C’est dans une salle pleine à craquer de monde que Saadane Benbabaali, professeur à la Sorbonne (Paris) a donné récemment une conférence enrichissante et instructive sur un genre poétique appelé “muwashshah”. Il a présenté à cette occasion son deuxième ouvrage « fleurs et jardins dans la poésie andalouse chantée » et traité divers sujets autour du thème de l’amour chez les poètes andalous. Il a développé ce sujet en montrant le bonheur, la beauté, et les sentiments les plus nobles qui résident dans cette poésie connue chez nous grâce à ce qu’on appelle la musique arabo-andalouse.
L’auteur a envoûté tous les auditeurs présents dans la salle qui, sans hésitation, se sont embarqués avec lui pour un long voyage dans le temps et l’espace vers un éden terrestre.
Rien ne pouvait résister à des paroles qui n’évoquent ni la guerre, ni la mort, mais sont un hymne poétique et floral à l’amour et à la joie de vivre. Au cours de cette rencontre il a manifesté son immense plaisir de communiquer et sa grande joie à transmettre aux générations futures ce précieux héritage poétique et musical qui nous a été légué par nos ancêtres andalous. Ces glorieux conquérants de l’Andalousie (de 711à 1492) ont donné au monde entier une civilisation brillante et raffinée.
L’enfant de Médéa dont l’amour pour sa patrie coule dans ses veines, est revenu sur les lieux de son enfance pour se ressourcer et revivre des moments inoubliables dans sa ville natale. La nostalgie se lisait sur son visage et se sentait dans ses paroles. Dans cette atmosphère conviviale et familière, il s’est parfois laissé aller à raconter des anecdotes de son adolescence. Il a surtout évoqué avec émotion ses camarades qui ont quitté ce monde et rendu un hommage appuyé à ses anciens professeurs aujourd’hui disparus.
L’émotion était très grande de revoir, après une trentaine d’années d’exil, les visages familiers d’anciens camarades de lycée et de l’école primaire. Malgré les rides et les cheveux grisonnants, les traits de l’enfance étaient toujours là, identifiables ainsi comme les souvenirs de l’adolescence qui ne peuvent s’effacer même si on est devenu un grand intellectuel en France.
Orphelin de père à l’âge de 6 ans, Saadane, a réussi grâce à une volonté de fer à atteindre les sommets auxquels il rêvait depuis son enfance. Il est devenu un conférencier international bien connu dans les capitales d’Europe et du Monde arabe en plus de son pays d’origine. Il est invité périodiquement pour parler de sa spécialité (la littérature andalouse) dans les universités de Paris, de Londres, de Lisbonne, de Grenade ou de Damas. Son parcours prestigieux est envié par beaucoup de jeunes qui ont une fascination pour le savoir.
Né en 1948 à Ain Dhahab, près de Médéa, il a obtenu sa licence à la faculté de lettres d’Alger en 1971 où il a professé également avant d’accomplir son service national puis d’enseigner à l’École des cadets de la Révolution de Koléa. Il va ensuite en France poursuivre ses études doctorales à l’université de la Sorbonne à Paris. Le hasard faisant bien les choses, le premier texte qu’il eut entre les mains, au moment d’entamer sa thèse sur “le muwashshah andalou”, fut un article rédigé par le grand savant au palmarès prestigieux, Mohamed Bencheneb, lui aussi natif de Takbou un quartier proche de celui où est né Saadane Benbabaali.
Nous nous arrêtons ici pour lui céder la parole pour qu’il nous donne un aperçu succinct, sur ses recherches, ses publications, et ses projets littéraires en Algérie en exclusivité pour les lecteurs du journal El Watan.
“ C’est à Médéa que l’essentiel de ma personnalité a été forgé. C’est au milieu des paysages uniques de cette cité millénaire que mon amour de la nature et mon goût pour les études sont nés. Le Ciel a placé sur mon chemin des hommes d’une grande générosité et d’une compétence extraordinaires: Si Hassan Zémirline et Si Abderezzak Benterkia. Ces deux maîtres m’ont inculqué l’amour de la langue arabe et du savoir.
J’ai commencé mes études universitaires à l’École Normale Supérieure de Vieux-Kouba (Alger). Après avoir obtenu une licence de lettres françaises modernes à l’Université d’Alger, j’y ai exercé une année avant d’accomplir mon service national. J’ai été ensuite nommé comme professeur à l’École des Cadets de Koléa où j’ai enseigné durant deux ans avant de partir en France.
À Paris, j’ai commencé un doctorat en sciences de l’éducation à la Sorbonne avant de changer de spécialité et de m’inscrire pour une thèse sur la poésie andalouse. J’ai alors utilisé le savoir qui m’a été transmis à Médéa pour étudier des textes arabes classiques et me présenter au Concours de l’Agrégation. J’ai exercé dans plusieurs grandes institutions parisiennes dont l’École Supérieure d’Interprètes et traducteurs, l’École Supérieure de Commerce, l’École des Cadres avant de me fixer à l’Université de la Sorbonne Nouvelle depuis 1997.
Ma principale tâche a été d’enseigner la langue et la littérature arabes à des étudiants aussi bien français que maghrébins ou venus du Moyen-Orient. Je dirige actuellement la section d’études arabes à Paris 3 et je parcours les capitales européennes pour parler de la poésie et de la musique andalouses. Mais ma plus grande joie est d’avoir pu publier dans mon pays d’origine deux ouvrages en collaboration avec la grande chanteuse Beihdja Rahal: La Plume, la voix et le le Plectre (2008, Barzakh) et dernièrement, La joie des âmes dans les Paradis andalous (ANEP, Nov. 2010). J’ai aussi établi un contrat bilatéral entre l’Université d’Alger et la Sorbonne pour des conférences et séminaires communs.
Amateur de musique andalouse, j’ai pratiqué cet art et depuis plus de 20 ans je soutiens les associations et les interprètes de ce patrimoine universel en France et en Algérie.
Parmi mes publications, je citerai
Nous sommes tous des idolâtres, avec P. Levy et B. Ginisty, Bayard, Paris, 1993.
Les poètes soufis et l'art du tawshih, Paris, 2002.
Nawba andalouse et cantigas de Santa Maria, Faro (Portugal), 2003.
Love and drunkennes in the muwashshah as sung in the Maghreb, Londres, 2005.
Images, symboles et métaphores dans les muwashshahât d'Ibn 'Arabî, Damas, 2006
Ibn al-Khatib et l'art du tawshih, Grenade, Espagne, 2006
Le muwashshah : Persistance et évolution d'un genre poétique, Paris 2007.
Abû al-Fath al-iskandarî, poète et marginal dans les Maqâmât d'al-Hamadhânî, Paris, 2010
Enfin je suis en train de préparer la traduction en français de l’ensemble des textes andalous chantés
au Maghreb comme je suis engagé dans une recherche collective sur L'image de la guerre d'Algérie dans la poésie arabe algérienne.
Je prépare également un 3e ouvrage avec Beihdja Rahal et surtout un récit autobiographique sur mes années d’enfance et d’adolescence à Médéa : Blad El Berkani ou le Retour au Paradis perdu.Je publie par ailleurs régulièrement des articles liés à la littérature et la culture arabes dans mon Blog qui a de très nombreux visiteurs adab arabi qadim dont je vous donne le lien :
http://adabarabiqadim.blogspot.com/
Enfin un grand bravo aux membres de l’association des amis de Médéa à leur tête le dynamique Président Kamel FERGANI qui ont veillé à l’organisation de cette agréable et enrichissante soirée culturelle animée par le Docteur Benbaba ali Saadane enfant chéri de la ville de Médéa.
Par Abdelkader TETA

Les anciens du collège Bencheneb s'organisent



Ils étaient là. Pas tous malheureusement mais une bonne partie des anciens élèves, jeunes filles et jeunes garçons à l'époque mais ayant rejoint aujourd'hui la catégorie du troisième âge, celle de la grande famille des retraités. Ces anciens élèves de ce mythique collège Bencheneb.
Une rencontre émouvante et pleine d'émotions que celle qui a regroupé, en cette matinée de jeudi dernier «Journée nationale de l'étudiant», tous ces anciens élèves venus de Laghouat, d'Alger, de Blida, de l'extrême ouest du pays, de Tipaza et bien sûr de l'ex-wilaya du Titteri dont la ville de Médéa était le chef-lieu et qui allait jusqu'à Boussaâda et M'sila, en passant par Djelfa. Tous ces anciens élèves de ce lycée Bencheneb qui a toujours été mixte jusqu'en juin 1964, pour garçons jusqu'au mois de juin 1966, pour devenir à partir de cette date un établissement pour jeunes filles. Un établissement portant le nom du premier docteur algérien en lettres françaises, Mohamed Bencheneb, né le mardi 26 octobre 1869 à Médéa, dans le petit quartier de Takbou, et décédé à Alger le mardi 05 février 1929.
«Ce lycée Bencheneb qui constituait véritablement un pôle de rayonnement intellectuel et de culture à l'échelle nationale». Comme a tenu à le rappeler le docteur Abderrahmane Korteby qui y a fait toutes ses études du secondaire. Une émouvante rencontre qui a été organisée conjointement par la direction de la Culture de la wilaya de Médéa et «l'Association les amis de la ville de Médéa». Elle a permis à tous ces anciens élèves de se remémorer les meilleurs souvenirs, visiter les salles de cours, l'amphithéâtre, le laboratoire, la salle de sports, la salle de dessin, le réfectoire pour ceux qui avaient fait l'internat ou la demi-pension, de rester admiratifs devant la cloche qui existe toujours et qui avaient bercé notre enfance, notre adolescence de lycéens. L'occasion aussi pour nous rappeler tous nos anciens professeurs, particulièrement les Algériens et enfants de Médéa comme les deux frères Medjadji (Abdelkader et Djelloul), Hacène Zemirline aujourd'hui décédés.
Comme nous nous sommes rappelés nos anciens proviseurs Bouzid, Abdi et Benterkia, également décédés aujourd'hui. L'occasion aussi et surtout de se souvenir, pour les plus âgés d'entre nous, de tous les anciens camarades qui avaient décidé, en ce jour historique du samedi 19 mai 1956, d'abandonner les bancs de ce lycée Bencheneb, appelé collège Bencheneb à l'époque, pour le maquis. Plus de 80 et parmi eux Lyès Imam, un crossman de renom qui avait battu un certain Michel Jazy, en France même, qui allait devenir champion olympique. Lyès Imam, dont l'OPOW de Médéa porte le nom aujourd'hui, qui est mort au champ d'honneur en 1958 et dont le groupe de commandos qu'il dirigeait porta son nom de guerre «Djamel», après son décès, jusqu'à l'indépendance. Plus de 80 lycéens «montés au maquis et morts en martyrs» à l'exception de cinq d'entre eux qui sont toujours en vie dont M. Bachir Rouis, ancien ministre.
«Des moments vraiment poignants et inoubliables, une émotion intense qui m'empêche presque de bien articuler mes mots, des moments qui me donnent la chair de poule dans ce mythique lycée Bencheneb où l'on constituait une véritable communauté d'esprit, une seule famille» dira, les larmes aux yeux, docteur Yamina Benhadji. L'occasion enfin, pour la première fois depuis 1966, pour tous les anciens élèves présents, que suivront certainement les absents à cette rencontre du souvenir, d'approuver à l'unanimité la proposition de création, le plus tôt possible, de «l'association des anciens élèves du lycée Bencheneb». Une rencontre dans l'intimité qui a pris fin avec une très sobre collation, dans une ambiance très conviviale, avec la promesse faite par tous d'être encore plus nombreux la prochaine fois.